Prospection au Sublage en 2023

  • Date de la sortie : 5.8.2023
  • Cavité : Lapiaz du Sublage
  • Participants : Benjamin, Jules, Léonard, Louis, Michael, Oriane, Tristan (mix GSR – SCVJ)
  • But de la sortie : Prospection du lapiaz du Sublage
  • Auteur de l’article :  Tristan

La région qui entoure le col du Sanetsch est riche en Karst. Lors d’un été, on peut se retrouver au Lapi di Bou, au Tsanfleuron, ou un peu plus loin sous le Wildhorn. Cette fois, sur proposition d’Oriane et Benjamin qui dirigent l’organisation, je me retrouve un samedi matin avec une bonne équipe dans les nuages au Col du Sanetsch. Nous allons sur le Lapiaz du Sublage.

Pour l’atteindre, il nous faut monter le long de l’arête de l’Arpille avant de bifurquer en direction des Audannes. Nous arrivons à cette bifurcation où on ne voit pas à 50 m et il y a de la neige mouillée… rien de très engageant pour marcher sur un lapiaz et encore moins pour descendre dans les trous… Mais, magie alpine, le temps d’arriver au lapiaz le soleil fait son apparition. La neige disparait rapidement, laissant un lapiaz sec à notre disposition. Nous nous séparons en trois équipes : Deux iront visiter des entrées notées lors de précédentes randonnées et la troisième ira visiter les entrées détectées par analyse des données LiDAR. En effet Louis a pris les modèles d’altitude les plus précis de swisstopo et les a analysés afin d’y détecter des changements d’altitude .

Je pars avec Jules, trois pulses, une corde, un protège-corde et la spiterie. On atteint le premier point GPS qui est en fait deux entrées séparées par un fin mur de roche. Avec un peu d’ingéniosité avec le protège-corde, le kit protège-corde et de la sangle j’atteins le fond à une quinzaine de mètres de profondeur. Cela continue sous mes pieds sur au moins 4 m, mais c’est trop étroit pour moi. De puis bloc est bien coincé et le faible courant d’air n’est pas engageant. Je ressors pour topographier la seconde entrée qui elle se termine à 7 m de profondeur, puis réveille Jules qui faisait la sieste. On lève le camp.

Le second point n’a aucun potentiel et on passe au troisième. On tombe sur une large faille (pas dans le sens géologique) où, sur près de 20 m, la profondeur semble être suffisante pour en justifier l’exploration. Nous installons des amarrages et je descends dans une première verticale de 15 m. J’atterris sur un fond neigeux bien compact. De par et d’autres dans l’axe de la faille je vois de la lumière qui vient d’autres ouvertures. Je remarque un espace entre la roche et la neige et bien clairement un vide en-dessous. Je creuse la neige un petit moment et tente de descendre. Je m’arrête lorsque mon bassin se trouve bloqué entre la roche et la glace que je n’arrive pas briser. Je pourrais sûrement passer en me laissant glissant mais je ne peux pas éviter le frottement de la corde et ne veux pas me retrouver à casser la glace par dessous si je n’arrive pas remonter. Ce n’est pas grave. Une visée me donne 7 m à la verticale, et je devine clairement plus d’un mètre d’espace. Le fond est également neigeux et malheureusement peut-être bouché (difficile de juger du courant d’air). Je remonte trempé pour me sécher au soleil en faisant le croquis du reste de la faille.

Pendant ce temps, Jules en a profité pour manger et est allé voir le prochain point. Il revient enthousiaste en m’annonce que je vais être déçu de devoir bientôt rentrer. Nous nous rendons au SU10, qui est en fait deux entrées de bonnes dimensions (> 1 m) avec un espace noir insondable. Des visées indiquent plus de 20 m. On lance des cailloux, que l’on entend ricocher de plus en plus loin. On peut partir sur plus de 30 m de développement c’est sûr !

Excités mais un peu déçu de n’avoir ni le temps ni la corde pour descendre, nous rangeons nos affaires et rejoignons la deuxième équipe LiDAR en prenant soin de noter deux entrées sur le chemin. Nous rejoignons Benjamin et Oriane peu après.

La descente se passe bien malgré des douleurs intenses au genou. La soirée au restaurant sera dédiée à débattre systématiques les plus farfelues pour nommer les gouffres découverts.