Le Club

Fondé en 1974 à L’Orient, le Spéléo Club Vallée de Joux est né de l’envie d’explorer et de mieux comprendre les mondes souterrains du Jura et d’ailleurs. Le club rejoint la Société Suisse de Spéléologie (SSS) en 1975 et s’inscrit, dès ses débuts, dans une dynamique d’exploration, de formation et de collaboration interclubs.

Le SCVJ compte, en 2026, près de 90 membres, engagés dans l’exploration et l’étude de nouvelles cavités ; la visite de grottes et gouffres connus ; l’initiation de nouveaux spéléologues ; ainsi que la protection du patrimoine karstique.

Les membres du SCVJ sont principalement actifs dans la Vallée de Joux et dans le Jura vaudois, dans les lapiaz alpins, mais aussi parfois ailleurs dans le monde en collaboration étroite avec les organisations et groupes locaux.

Notre plus grand bonheur, c’est l’exploration de nouvelles cavités, le partage entre ami·es de moments intenses et la re-découverte de régions et paysages karstiques en tout genre. Suivez-nous, toujours plus profond : bienvenue au SCVJ !

L’histoire du Spéléo club Vallée de Joux

Les débuts

Tout a commencé le 30 mars 1974, suite à une convocation parue dans la feuille d’avis de la Vallée de Joux. Un petit groupe se réunit à l’hôtel de la poste de L’Orient. Jacques Golay propose aux intéressés de monter une équipe spéléo à la Vallée. Il est accompagné de deux autres enragés, Philippe Goy et Charles-Henri Reymond.

Rapidement, le groupe s’organise et décide, en date du 15 avril, de faire sa première expédition. Le gouffre de la Pierre Tournante, facile d’accès, est choisi comme cible. Malheureusement, les jeunes novices ont rapidement compris que ce gouffre est dangereux. Ce gouffre s’effondre en effet en permanence avec des chutes de pierres incessantes. Après quelques frayeurs, les jeunes spéléologues prirent conscience des dangers de l’activité, sans que cela ne refroidisse leurs ardeurs.

L’équipe se réunit chaque mois pour organiser des activités. Maurice Audétat, alors président de la Société Suisse de Spéléologie (SSS), est contacté, et il propose au groupe de constituer une section de la SSS.

Début octobre 1974, le groupe se réunit pour nommer un comité provisoire chargé de mettre au point des statuts et de convoquer une assemblée constitutive. Le 28 novembre 1974, à l’Hôtel de la Poste de l’Orient, l’assemblée vote la constitution de la société appelée Spéléo Club de la Vallée de Joux.

Les années 70

En 1975, la Vallée de Joux souffre d’une récession économique, par contre l’équipe du SCVJ est en surchauffe. L’année est remplie d’activités diverses en Suisse et en France, formation aux techniques de la spéléologie alpine, découverte du matériel moderne (pour l’époque). C’est en 1975 aussi que le SCVJ rejoint la SSS et participe, pour la première fois, à une Assemblée des Délégués (à Baulmes, VD). L’équipe fondatrice du SCVJ est rejointe cette année-là par une petite équipe spéléo de Gimel. À partir de là, la spéléo va dans tous les sens pour le SCVJ qui est bien actif dans sa région !

Dans les années 80, le SCVJ participe à la topographie du Gouffre du Petit-Pré qui était déjà connu mais pas encore documenté. Dans ces années, le club a beaucoup exploré les gouffres de la région. Dès 1986, les activités ont principalement eu lieu dans la Glacière de Druchaux et, en 1987, le réseau principal de a été découvert, permettant de nombreuses explorations profondes et prometteuses. Le club a aussi été actif en Espagne (en collaboration avec le RBY) et à Vallorbe (plongées et portages). En parallèle, le SCVJ s’est investit dans la colonne régionale (3) du Spéléo-Secours.

Dans les années 90, le SCVJ continue activement les explorations. Entre autres, des expéditions d’exploration d’envergure se sont déroulées au Gouffre du Grand Cor sur la Dent de Morcles. Avec une côte à -600m et une altitude à 2’670m, c’est le gouffre d’altitude le plus profond d’Europe. La première au fond de ce gouffre a été particulièrement exigeante.

Dans ces années, un grand travail d’uniformisation des données de terrains (coordonnles, topographies, descriptions de cavités) a été réalisé par plusieurs membres du club et d’autres clubs de la région. Ce gros travail collectif a abouti, en 2002, à la parution de l’Inventaire spéléologique de la Suisse, tome IV, du Jura Vaudois, partie Ouest.

En 1995, une désobstruction à l’entrée de Longirod a permis la découverte d’un début de trou. Par la suite, de nombreuses expéditions d’élargissement ont permis de progresser plus en profondeur dans ce nouveau gouffre. À la suite d’une coloration optimiste, les travaux d’exploration ont repris activement vers 1998. De nombreux passages ont dû être élargis, les spéléos avançaient mètre par mètre

De nombreuses expéditions engagées, en spéléo sèche et en plongée-spéléo ont été réalisées, dans une dynamique interclub. Actuellement, le Gouffre de Longirod est le plus profond de la chaîne du Jura avec une profondeur max de -519m et un développement de 5’100m. En 2000, le gouffre du Narcoleptique a été découvert par des membres du club, au lendemain d’une longue soirée. Plusieurs branches sont explorées avec le GSL et le GS-Troglolog jusque vers – 229m. Cette cavité est exceptionnelle pour les restes osseux qu’elle contient. Au moins 16 ours ont pu être déterminés parmi les ossements récoltés à une profondeur de -170 m. La plupart des ours présentent des pathologies liées à leur chute dans les puits. Des traces de morsures sur les os montrent que certaines bêtes ont consommé leurs congénères.

Dans les années 2004-2010, une nouvelle troupe débarque au SCVJ. De jeunes et dynamiques adolescents / jeunes adultes plein de motivation à explorer les grottes. Sous leur impulsion, d’autres découvertes souterraines magnifiques sont réalisées : exploration du Grêlon Fumant, Gouffre à la Masse, suite dans le Pré d’Aubonne, Gouffre de l’Arzière. L’équipe se rend également en Espagne où elle réalise de magnifiques grandes premières lors de camps organisés par le SCNV où le SCVJ a déjà une solide réputation.

Dans les années 2015, une autre troupe de jeunes – à l’époque – rejoint le club. Petit à petit, le club voit plusieurs générations actives dans différents types d’activités spéléologiques. Les camps estivaux du Lapi Di Bou permet à plusieurs de ces générations de toucher à l’art de la première, dont la découverte de nouveaux gouffres, la topographie, etc. Une grande motivation permet de lancer des projets d’initiations assez conséquents, dans le but de faire découvrir la spéléo a de nombreux jeunes, notamment via les Sports Universitaires de Lausanne.

Entre 2015 et 2018, les explorations continuent tout de même, notamment du côté du réseau des Fées. Entre autre, une grosse désobstruction interclub est organisée autour de la Baume du Risoux, dans l’espoir de rejoindre le réseau des Fées. Cette activité interclub permet de reprendre des liens solides avec les clubs de la région et de collaborer en intergénérationnel.

Dès 2018, de jeunes papis retraités bien actifs, font une découverte qui réactive l’exploration dans le jura combier. Il s’agit de l’actuel Gouffre des Papi-Boom, à quelques dizaines de mètres de la cabane du club, dans le Creux de Druchaux. Découvertes, travaux d’élargissement, escalades et équipements s’enchaînent dans ce nouveau terrain de jeu. En 2020, une découverte fortuite occupe de nombreux scvjiens de toutes générations dans un nouveau trou, le Gouffre de la Relève. Entre 2021 et 2025, un noyau solide de spéléo du club s’active autour d’une petite faille dans un pré. Cette faille devient trou puis gouffre : le gouffre du Bucley. De nombreuses sorties permettent de jolies découvertes dans tous les sens : où est la suite ? Fin 2025, un nouveau trou dans le Risoux occupe une équipe et est en cours d’exploration.

Aujourd’hui, début 2026, c’est sûr : le SCVJ est bien actif, avec des strates de spéléo de toutes générations. Avec plus de 80 membres, le club a bien gonflé ces 10 dernières années avec une 20taine de membres supplémentaires. Près de 50 membres d’entre 19 ans et 75 ans se rendent régulièrement sous terre pour des activités spéléo de tous types. Plein de projets sont en cours pour les prochaines années ; le SCVJ est donc bel et bien toujours un club actif et dynamique !