Des ploufs et des brassées au Poteu

  • Date de la sortie : 9.06.2025
  • Cavité : Grotte du Poteu, Saillon (VS)
  • Participants : Jules, Thomas, Louis, Benjamin, Oriane – SCVJ ; Guillaume et Elsie – GSR
  • But de la sortie : Observation de la crue
  • Auteure de l’article :  Oriane

Les températures chaudes arrivent, les manteaux blancs s’effacent et les cours d’eau grossissent. Les crues descendent dans nos souterrains. C’est donc le bon moment pour organiser une sortie au Poteu, en mode aquatique. La sortie est un peu organisée à la der’, comme chaque année : il faut être rapide et disponible pour croiser la crue au bon moment au bon endroit dans ce réseau. 

Louis, Guillaume, Benjamin, Thomas, Elsie, Jules et moi nous rejoignons au virage à 16h. Chacun.e râle à sa manière lorsqu’il s’agit d’enfiler, péniblement, les néoprènes – ou l’étanche de mon côté. Une fois habillés, nous espérons croiser rapidement l’eau car nous cuisons doucement à l’étuvée dans cet accoutrement. Benjamin est allé voir le niveau de la Sarvaz avant : 120, pas sûr que l’on puisse rejoindre la grande salle, la suite nous le dira.

Arrivés dans le puits d’entrée, on équipe à double pour dynamiser la cadence de la grande équipe que nous sommes. Benjamin rend confortable le fractio/déviation en ajoutant une corde à nœuds. Quand j’arrive au fractio, j’entends des bruits de plongeons, c’est Thomas, Benjamin et Elsie qui sautent dans la première piscine d’eau qu’ils croisent, juste sous le câble en acier avant de rejoindre les blocs qui mènent à la faille. Chouette ! C’est le moment d’équilibrer la température corporelle, je saute et mes camarades s’assurent que je sois bien trempée jusqu’aux oreilles. 

On poursuit notre chemin et, comme à chaque fois aux heures de pointe, la faille constitue une zone de bouchons incontournable. C’est le moment de papoter ou, pour certains, de sortir son registre de chansons (de Noël). 

À partir de là, on reste un bon moment au sec. On recroise l’eau seulement au bas du petit pas d’escalade à faire avant d’arriver sous la première rampe qui mène à la salle à manger. Là, le grondement est impressionnant. La sortie de “la boucle” depuis la grande salle est complètement immergée ; c’est l’occasion de s’y tremper intégralement pour rééquilibrer le thermostat. On fait une petite pause à la salle à manger où l’on constate bêtement, qu’ayant laissé nos téléphones au sec, personne n’a de quoi indiquer l’heure. Comme nous avons mis une marge de sécurité assez courte à notre piquet, Kevin, c’est le moment d’accélérer le pas. On fait deux groupes et le premier sortira plus rapidement, pour réserver la place à la pizzeria et rassurer notre piquet. 

Dans les boyaux resserrés et concrétionnés menant à la grande salle, le grondement de l’eau est déjà impressionnant. Une fois sur la dernière corde menant à la salle, l’ambiance est saisissante, l’eau se déchaîne de toutes parts. Il reste néanmoins des bouts de rochers qui nous permettent de nous rendre dans la grande salle. On s’imprègne de cet élan de fraîcheur dynamique. L’eau pousse les parois des grottes et, nous, sommes là, comme de petits êtres vulnérables. 

La remontée se fait tranquillement pour le groupe du fond et l’on rejoint la première équipe dans la faille. Les plus réchauffés ressautent dans les recoins d’eau avant d’entamer la remontée. Il est plus de 20h30 quand l’équipe est au complet et peut se débarrasser de sa deuxième peau néoprène. On enfile nos habits d’humains des terres et on rejoint la pizzeria pour notre traditionnel repas post-Poteu. Une magnifique sortie, dont nous garderons les jolies images dans nos souvenirs, à défaut de pouvoir en partager des images numériques.