But de la sortie : Préparer la cabane pour l’hiver
Auteur de l’article : Adrien
En ce week-end du 18 – 19 novembre 2023, les premières neiges arrivent et il est donc urgent de monter à la cabane du club à Druchaux pour l’hiverner, c’est à dire enlever le “bar” d’été et le remplacer par des planches pour éviter d’avoir trop de neige devant l’entrée, ainsi que de vider la réserve d’eau et d’ouvrir le robinet, pour éviter que les tuyaux ne pètent.
Avec David je monte directement à la cabane pour 17h00, Albert nous y attend déjà et à même commencé à travailler. On attend le reste de l’équipe, qui sont allés visiter la nouvelle grotte du Bucley, pour manger la fondue. Je vais pas nommer tout le monde, je risque d’en louper, et en plus, certains étaient à la fondue mais pas au Bucley et certain au Bucley mais pas à la fondue.
Une partie de l’équipe du Bucley
David nous a appris à faire le bazooka, mais je ne vous en dirai pas plus…
En tout cas, après la fondue, Louis, Myriam, Sven et moi restons dormir sur place pour passer en peu plus de temps dans cette magnifique nature, et pour les trois loustic sauf moi de descendre dans la Glacière de Druchaux; moi je reste à la surface pour veiller au grain.
Aux retours de mes trois aventuriers, qui m’ont chopé en train de faire la sieste, (ils sont remonté plus vite que ce que je pensais), on décide de se faire une bonne casserole de pâte. Puis nous vidons l’eau et nous finissons les derniers rangements, alors que Paul repasse dire au revoir après sa journée au Cunay.
Participants : Miguel, Oriane, Jules, Louis F., Joanna, Vivien, Pierre-Xavier, Florian, Tristan, Dani, Amandine, Daniel, Louis S., Benjamin
But de la sortie : Exploration des cavités du Lapi di Bou
Auteur de l’article : Miguel
Cette année, les KWS nous ont informés, quelques jours avant le début du camp, que la cabane serait disponible dès le samedi 12, et non dès le dimanche 13, comme prévu. Quelques membres ont pu profiter de cette aubaine pour monter le samedi déjà. Ce jour-là, l’objectif a toutefois été défini comme étant l’explo de quelques cavités repérées précédemment sur le Sublage, et non sur le Lapi di Bou.
Cette première journée se solde toutefois par une belle frayeur, suite à une crue d’orage ayant amené un beau ruisselet dans le puits d’entrée du SU77.
Dans la suite du camp, nous (re)découvrons quelques cavités dans la partie haute du Lapi di Bou
et découvrons, par un beau hasard, quelques galeries supplémentaires dans la grotte des Pingouins.
Cela nous permet également de récolter quelques calcites cryogéniques pour diverses études.
Parallèlement, Vivien complète sa collection d’échantillons à dater pour sa thèse, ce qui nous permet aussi d’atteindre enfin l’entrée qui nous nargue depuis un bon moment dans une falaise au-dessus du chemin montant depuis Gsteig. Résultat: une belle galerie phréatique, mais comblée au bout d’une dizaine de mètres.
En février 2021, j’avais demandé et obtenu la clé de la Grotte de la Tourne auprès du Service neuchâtelois de la faune, des forêts et de la nature, afin de visiter cette petite grotte, réputée très jolie et donc protégée en conséquence par une porte en acier. C’est donc plein d’entrain et d’espoir que nous arrivâmes devant cette porte – pour constater que le cadenas censé verrouiller le capot protégeant le cylindre avait disparu et que le cylindre avait été brutalisé et ne permettait plus d’introduire la clé. Après avoir aussitôt informé ledit service et l’avoir relancé à moult reprises, le cylindre a enfin été changé vers la fin de l’année dernière, et c’est donc avec les mêmes entrain et espoir que j’ai sollicité une nouvelle fois les fameuses clés des désormais nouveaux cylindre et cadenas. Après avoir donc dû aller une nouvelle fois in personam à Couvet (village sans charme particulier au coeur du Val-de-Travers) pour réceptionner le précieux sésame auprès du toujours dit service (qui ne fait manifestement aucune confiance à notre Poste nationale), nous avons eu l’immense privilège de nous pointer devant la porte susdite… pour constater que la clé entrait bien dans le nouveau cadenas, mais ne semblait pas provoquer la moindre excitation en son sein (comprenez: il était irrémédiablement bloqué). Nous avons donc dû faire preuve d’inventivité pour contourner ce fameux cadenas, après quoi nous pûmes accéder au cylindre qui, fort heureusement, a eu la bienveillance de bien vouloir tourner. Il ne restait alors plus qu’à décoincer la porte au pied de biche pour avoir l’insigne honneur d’admirer le modeste puits donnant accès à l’abîme.
Le reste de l’aventure est nettement plus banal, et nous avons visité cette petite grotte fort sympathique en faisant quantité de photos, dont voici un petit échantillon.
La meilleure saison pour repérer les trous souffleurs est quelque part entre mi-janvier et fin février, lorsque la couverture neigeuse est déjà suffisamment épaisse pour que seuls les trous souffleurs les plus puissants continuent de percer (et pas toutes les fissures de lapiaz), mais avant que des tempêtes de Foehn relativement “chaudes” bouchent tout. Ce samedi, l’enneigement est entre 30 et 60 % de la normale pour la saison, selon les cartes du site SLF, et donc assez idéal pour notre objectif (moins pour le remplissage des barrages, ce printemps…).
Résultat, on repère 5 trous souffleurs, dont deux correspondent à des cavités connues et deux qui ne correspondent à rien de connu. D’excellent augure pour cet été!
But de la sortie : explorer des gouffres réputés vierges
Auteur de l’article : Miguel
Bon ben, vous vous doutez déjà qu’une réputation peut être sujette à caution. Voici l’histoire.
Après la précédente reconnaissance, je m’étais abondamment renseigné, et la plupart des gouffres de ce lapiaz étaient censés n’avoir pas été descendus. Dont le 131.
Fin octobre, par un week-end d’une douceur tout sauf habituelle, nous montons donc à trois avec la ferme intention de pousser l’exploration de ce 131 le plus loin possible. Deux semaines plus tôt, j’avais déjà monté une centaine de mètres de cordes, de quoi voir venir. L’un d’entre-nous étant encore novice en matière d’équipement, on commence par lui faire mettre un spit au puits d’entrée, histoire de pouvoir se partager le travail par la suite. Je descends alors avec un kit de cordes pour équiper un peu mieux les deux puits déjà descendus la dernière fois et aborder le suivant.
Premier couac : après avoir foré le trou du spit au sommet du deuxième puits, le manche de mon vieux marteau casse au ras de la panne. J’arrive tout juste à mettre en place le spit avec le cône. Il va falloir improviser pour la suite. Heureusement, j’emporte toujours quelques pitons pour placer des déviations. Au puits suivant, je tâtonne avec divers pitons avant de trouver une fissurer bien placée qui en accepte un. Je l’enfonce avec un caillou jusqu’à ce qu’il chante. Une anse dans la roche sert de second amarrage, et je peux installer la corde pour descendre. Ouf, on pourra au moins aller au-delà de l’arrêt de la dernière fois.
Au bas de ce nouveau puits, un amoncellement de grosses pierres. Zut, ça ne se présente pas bien. Mais entre deux blocs, on devine un peu de noir. Je me glisse dans l’interstice et descends encore quelques mètres dans un conduit étroit, avant de buter sur un nouveau puits. Au lancer du caillou, je l’estime entre 15 et 20 mètres de profondeur. Si je n’avais pas cassé le marteau, on pourrait l’équiper et continuer à explorer ce gouffre, qui devient décidément très prometteur.
En remontant à travers le conduit étroit, je tombe sur un peu de fil blanc, à moitié coincé entre les cailloux. Tiens, aurais-je perdu un fil de ma combi ? Mais non, ma combi n’a pas de tels fils. Intrigué, je montre ma trouvaille aux deux autres. Un fil topo, utilisé autrefois pour mesurer les distances ? Bizarre, d’après tous les renseignements recueillis, ce gouffre était réputé inexploré. Un deuxième équipier descend jusqu’au sommet du puits au-delà du conduit étroit. Et là, il avise un vieux spit. Cette fois-ci, le doute n’est plus permis : une équipe est bien venue dans ce gouffre, l’a équipé, exploré et topographié – mais n’a laissé aucune trace de ses travaux dans une quelconque archive ou publication.
Je suis dépité, furieux. Ce qui nous semblait il y a quelques minutes encore de l’exploration, avec son lot de suspens et d’émotions liées à la découverte de paysages que nous pensions inconnus et inviolés depuis la nuit des temps, n’était en fait qu’un stupide errement dans quelques vides de roche foulés depuis belle lurette par une poignée de spéléos qui se fichaient complètement de partager leurs résultats. Tout le plaisir qu’on a eu à descendre ces puits, tout l’espoir de belles premières s’est brisé, volatilisé, dissout dans une immense amertume. Nous avons été floués. Bande de petits salopards !
Le lendemain matin, nous avons malgré tout une belle surprise: le bouquetin qui apparaissait le soir sur l’arête au-dessus du lac de Ténéhet est venu nous dire un petit bonjour, probablement curieux de la présence de ces drôles de bêtes à deux pattes.
Niveau spéléo, il ne ne nous reste plus qu’à prospecter avec un bout de nouille, en espérant trouver des amarrages naturels. Nous repérons toute une série de trous, marqués ou non. Résultat: il faudra revenir – avec un marteau plus solide!
Dans le haut du lapiaz, nous tombons sur un niveau de galeries laissées par des vers fouisseurs dans la vase qui allait devenir le calcaire Urgonien et qui ont été remplies de sable, probablement de la formation de Garschella.
Et dans le lac du Ténéhet, qui nous sert de ressource en eau, nous comptons une bonne trentaine de copépodes rouges par litre d’eau (c’est-à-dire les mâles, les femelles étant transparentes et donc pratiquement invisibles). Si leur répartition est homogène dans les quelque 26’500 m3 du lac, ça nous fait dans les 800 millions de copépodes. Sans compter les femelles. Nous avons certainement bu quelques centaines de ces petits crustacés de quelques dixièmes de millimètres. Un peu de protéines bienvenues.
Participants : toute une ribambelle du SCVJ et du GSR
But de la sortie : exploration des gouffres autour du camp
Auteur de l’article : Miguel
Comme déjà l’année dernière, le GSR organise, en ce début d’automne, un camp tout confort (ou presque) en contrebas du glacier du Wildhorn.
La grande tente mess, avec poêle et réserve de bois correspondante, offre un confort très agréable au début, puis juste indispensable vers la fin.
Certains l’aiment plus rustique que d’autres…
Les premiers jours, le soleil nous sourit, mais ça ne durera pas. Après un temps de plus en plus frais et vivifiant, c’est un blizzard pur jus qui nous accompagne un beau soir.
Entre la pluie du début et la neige qui fond assez rapidement, quelques tentes prennent l’eau.
Mais le moral est bon!
Accessoirement, nous parvenons quand-même à faire un peu de spéléo entre les averses et la neige qui fond.
Finalement, une belle expérience, entre survie en conditions hostiles et exploration de quelques gouffres plus ou moins profonds.