Participants : membres du secours : Cyril Arrigo (chef R3), Ludovic Bartoli, Jules Reymond, Arnaud Conne – nouveaux membres du club en initiation-perfectionnement : Thomas Stricker (photos sous terre), Mathias Menn, Louis Fischer – visiteurs : Léonard Cornuz, Isabelle Alesina
But de la sortie : repérage en vue d’un prochain exercice secours R3 + ‘initiation’ approfondie pour nos futurs nouveaux membres
Auteur de l’article : Oriane Albanèse
Avant-sortie
Lors de notre dernière réunion CI à la R3 du spéléo-secours, nous avons longtemps débattu pour trouver le prochain lieu d’exercice. Nous recherchions tout particulièrement une cavité qui permette de nous entraîner à l’enchaînement des puits. Toutefois, plusieurs critères étaient à respecter : enchaînement de 2-3 puits sur une profondeur moyenne, pas d’exposition aux chutes de pierres (ou purgeable à l’avance), gouffre n’ayant pas accueilli un exercice récemment et gouffre proche des routes. Cela fait donc un grand tri ! En tête d’affiche, nous avons pré-sélectionné : gouffre de la Cascade, gouffre Cathy, gouffre Croix-Rouge II.
Le Gouffre de la Cascade a suscité beaucoup de motivation, sauf pour moi, qui me rappelais d’un gouffre froid, dangereux, glissant, pas beau. Ces souvenirs déformés, ce sont ceux d’une jeune débutante d’il y a 9 ans, sans force dans les bras et avec le coccyx émietté en cours de sortie. Évidemment, je ne pouvais pas décider du sort de cette grotte au seul souvenir d’une sortie initiatique lointaine. Et, évidemment, les compères étaient ravis de me permettre cette sortie “catharsis”. Je propose alors d’en profiter pour inviter nos futurs nouveaux membres du club. En effet, cette année, l’attrape-spéléo a bien fonctionné ! Nous y emmenons alors Louis, Mathias et Thomas.
6 novembre – matin froid – 7h00
Cyril et moi – probablement par réaction à la superposition d’objectifs – avions proposé 7h00 comme horaire de rencontre. Une sorte de test pour nos chers néophytes ? Bon, il faut l’avouer, tous deux avons un peu triché en dormant sur place avec nos vans aménagés respectifs. Louis, Mathias, Thomas et Ludovic nous ont donc rejoint – Jules, Cyril et moi – au doux moment du déjeuner, dans le van chauffé de Cyril. Premier ou deuxième service de tartines : nous nous régalons joyeusement. C’est aussi le moment des photos absurdes et des présentations. Oui, “l’initaition – perfectionnement” c’est aussi l’occasion de se faire conter des histoires de spéléo (comme les récits de gastro souterraine ou de rendez-vous manqués pour cause de TPST démesuré). Ces nouveaux ont par ailleurs l’honneur de commencer leur ascension caverneuse dans le van du Chef de la colonne de secours, ce n’est pas rien !
Dans le van de Cyril
9h00 – déplacement vers le trou
Cyril et Ludovic partent devant pour l’équipement, suivis de Louis. Nous trois restons à l’entrée du trou, heureux de constater que la température est négative, que tout gèle et surtout nous. Après toutes sortes de stratégies comme gueuler très fort “bougez-vous” ou sauter sur place, nous entamons un paquet de chips, – il est 10h00.
Préparation matinale
10h30 – Au puits, enfin !
Avant l’attente
Enfin, nous les entendons nous appeler et, heureux de gagner pas mal de degrés, nous lançons dans le premier puits. En premier, Thomas suivi de Jules puis Mathias et moi, qui ferme la marche. Au moment du grand départ dans le grand puits équipé du grand mickey au plafond, je vois Thomas un peu douteux. Finalement, bien courageux, il s’y lance, et on l’entend s’exclamer de joie ! Il veut même s’arrêter au milieu et prendre des photos, mais nous l’encourageons plutôt à faire cela au fractio, quelques mètres plus bas. Jules le rejoint, tout content de retourner dans ce beau gouffre. Mathias le suit, aussi taiseux que Thomas au début, puis ravi également. Ca ne pêche pas techniquement : ce sont des bons ceux-ci ! (Et Louis, qui a suivi les deux secouristes-équipeurs, n’est même plus à “surveiller” vu le nombre de descentes sur cordes qu’il a dans les pattes depuis qu’il nous a rejoint, quelques mois en arrière).
À -100m – heure inconnue
Lorsque nous arrivons tous au “fond” – soit à -100m -, nous faisons le point avec les nouveaux qui sont ravis et pas fatigués. Sortant nos petits pique-nique, nous entendons gueuler plus haut : surprise, Arnaud arrive, tout heureux de retourner sous terre ! Il est suivi de Léonard et de sa copine, Isabelle. Drôle de situation que de se retrouver là entre vingt yeux.
Déséquipement
Je m’occupe du déséquipement avec Louis, qui s’occupera du dernier bout. C’est son premier déséquipement et il capte vite comment s’y prendre !
Nous sortons relativement tard par rapport aux premiers. Nous les retrouvons, alors tout propre, avec du thé chaud entre les mains.
Conclusion
La grotte se prêtera très bien pour un exercice focalisé sur l’enchaînement des puits. Il n’y a pas besoin de travail de purge ni de rééquipement. Il n’y a plus qu’à espérer que la météo sera clémente le weekend de l’exercice – oui parce que la cascade ne porte pas son nom pour rien.
Nos trois compères, Thomas, Mathias et Louis, se débrouillent sacrément bien et nous sommes heureux de pouvoir les accueillir prochainement. Ils feront de bon compagnons d’expédition.
De mon côté, je réalise que mes souvenirs-traumatiques avaient bien déformé ma perception de cette grotte, jusqu’à en omettre sa beauté. Pour moi qui aime les grottes verticales bien dessinées, celle-ci est une perle !
Bonus pizza
Pour celles et ceux passant par Vallorbe, nous nous retrouvons autour de pizzas chez le Capitaine Arnaud.
But de la sortie : Exploration des gouffres du Lapi di Bou et récolte d’échantillons pour datations
Auteur de l’article : Miguel
Cette année a été marquée par des circonstances un peu particulières: Vivien ayant choisi d’effectuer une partie de sa thèse sur le Lapi di Bou, il est venu avec ses quatre encadrants de l’ISTerre – Edytem (Pierre, Xavier, Yann et Stéphane) pour récolter des échantillons de sédiments et de concrétions, à des fins de datation. Je les ai donc guidés pendant une bonne partie du camp à travers les diverses cavités à échantillonner.
Les géologues sont toujours aussi prompts à tirer le portrait de leur fameux marteau…
… et à ramasser des petits cailloux.
Parallèlement, des équipes ont poursuivi les explorations dans le Gouffre du Tonnerre (réseau Cadeau – Mi-Cadeau – Tonnerre)
et ont repris l’exploration du gouffre du Bitume, dans le Creux des Montons.
Comme souvent sur – et dans – le Lapi di Bou, les cavités se montrent toutefois passablement rétives à la progression des spéléos, et il faut parfois des moyens percutants pour avancer. L’espoir reste pourtant de mise – le courant est en tout cas bien présent, et augure d’une suite certaine. Reste plus qu’à trouver le passage…
Dans la grotte G3, nous constatons que l’étroiture entre roche et glace observée précédemment est pleine d’eau et qu’un petit lac s’accumule en amont. Un courant d’air est toutefois en train de sublimer la glace de l’autre côté de la galerie, offrant un espoir de passage, dans les années qui viennent.
PX nous a une nouvelle fois gratifiés de délicieux soupers, parfois même agrémentés de desserts apportés tout exprès de la plaine.
Quant aux patous, il ont fini par comprendre que les spéléos ne présentent pas de danger pour leurs troupeaux, et daignent, le plus souvent, tout juste tourner la tête à notre passage.
But de la sortie : descente d’un trou repéré par hasard il y a quelques semaines, et évaluation du potentiel du lapiaz
Auteur de l’article : Miguel
Etant monté mi-juin pour fuir la canicule annoncée, je n’ai pas pu éviter de m’encoubler sur une entrée de gouffre. Compte tenu de ma curiosité et après avoir potassé les docs disponibles sur ce petit lapiaz, on décide, avec Gérard, de monter avec un minimum de matériel et de quoi bivouaquer quelques jours. Daniel vient nous dire un petit bonjour le samedi.
Premier obstacle: la montée depuis le lac de Tseuzier jusqu’au petit lac de Ténéhet, qui nous fournira de l’eau et près duquel nous trouverons un emplacement idéal pour planter notre tente.
La prospection se fait sous le sommet du Schnidehorn (en haut à droite).
De nombreux trous ont été marqués, dans les années 1970 à 1990 par divers clubs, principalement français, mais peu ont été descendus. Nous descendons par conséquent en première aussi bien des trous marqués que des trous non marqués (que nous marquons, bien sûr).
A l’est, le lapiaz s’étend en direction du col du Rawil.
Une des entrées de gouffre les plus spectaculaires (et qui avait évidemment non seulement été marquée, mais aussi descendue – mais malheureusement pas topographiée) est le R117, que nous topographions enfin, une cinquantaine d’années après sa première exploration connue. Mais n’oublions pas que des objets d’un chasseur néolithique datant de près de 5000 ans ont été découverts au Schnidejoch, non loin de là. Aurait-il, lui aussi, eu la curiosité de jeter un oeil dans cette vaste entrée?
Cavité trouvée par Denis lors d’une chasse aux morilles au début mai. Regard poli sans plus pour ce trou sachant qu’il y a une baume inventoriée sur ce pâturage du Croton. Denis prend néanmoins la coordonnée pour me la donner dans le cadre de cette mise à jour de l’inventaire. Mais vu que j’y avait passé à cette Baume du Croton (140/28), j’ai eu aucun doute que, du coup, c’était une nouvelle!! Mais connue des paysans puisque clôturée depuis bien longtemps au vu des barbelés pris dans les arbres et piquets cassés. Mais elle avait échappé à la vigilance des spéléos! Du coup, une première visite et grillades avec Denis et Anja (pas sous-terre, elle!), Carine et moi sera faite le 15 mai. On sera agréablement surpris de pouvoir explorer déjà une vingtaine de mètres! Mais il nous faudra revenir deux fois avec du ticboum pour forcer les suites vues. Une 1ère fois avec Denis fin mai et une deuxième avec Denis et Pascal le 6 juin. J’y retournerai seul le 11 pour prendre la topo.
Une entrée de 2m x 1m domine un ressaut de 3 m qui se désescalade. On arrive sur une pente d’éboulis terreux et de pierres avec un plafond plongeant du sud au nord-ouest. De ce côté nord-ouest, une pente de cailloux à l’air de se prolonger un petit peu. Dans le coin est de l’éboulis d’entrée, un petit boyau (Env. 30x60cm) part en remontant légèrement à l’est. Après 4m, descente d’un ressaut de 2m et suite toujours dans la même direction par une faille qu’il a fallut élargir pour passer. La fin de ce côté « amont » se trouve là avec un petit espace de 1,5m de diamètre et une cheminée haute de 5m. Côté ouest, après un passage bas, on se relève et il faut grimper sur 2m en oppo une diaclase. De là cela repart contre en bas par un boyau qu’il a aussi fallu élargir pour passer. Mais c’est, comme du côté amont, vraiment pas large, 25-30cm!! Désescalade de 2 bons mètres. Là, une petite salle basse de 1.5m de diamètre et 1 de haut fait face de l’autre côté du « puits » à une niche se prolongeant de 1m. Le fond des deux côtés sont bouchés par un mélange petit cailloux, glaise, sable etc.. Pas de courant significatif d’un côté ou de l’autre.
But de la sortie : chercher le frais et découvrir un nouveau lapiaz
Auteur de l’article : Miguel
Avec les 34 degrés annoncés en plaine et jusqu’à 37 en Valais – confirmés dimanche! – j’ai été chercher le frais du côté du petit lac de Ténéhet (ou Téné selon la nouvelle orthographe phonétique de Swisstopo).
Résultat: principalement quelques images à la beauté parfois renversante…
Participants : Frédéric, Raphaël, Stéphane et deux copains, Louis, Paul
But de la sortie : Topo et redécouverte de la spéléo
Auteur de l’article : Paul
Une fin septembre bien frisquette nous ramène vers ce gouffre plus de 2 mois après notre dernière explo. A peu près la moitié de la topo restait à faire. Louis est venu de son lointain Jura. Stéphane arrive accompagné de deux frères qui viennent redécouvrir la spéléo, et les cousins Raphaël et Fred pour découvrir les parties inconnues pour eux. Nous profitons de la grange au chalet du Couchant pour se préparer…ça caille nom de nom, plus l’habitude! Vite au “chaud” dans les entrailles de la terre.
Louis, Fréd et Raph prennent les devants en allant topographier, pour commencer, le “diverticule -33” et le déséquiper. Je pars direct droit en bas pour rééquiper l’avant dernier puits et Stéphane accompagne tranquillement ses deux copains grimpeurs qui ont nettement moins de peine sur les cordes qu’au moment d’enfiler les combis spéléo! Pas idée d’être aussi grand! Nous nous retrouvons les 4 au bas de ce P18, et Stéphane se lance dans une petite escalade, et en solo! J’avais dit qu’il y avait une petite cheminée à voir, mais sans trop d’espoir quand même. Et c’est bien cela, 7m de grimpe et ça donne sur rien du tout. Nous filons donc jusqu’en bas. Comme lors de la première, on furette bien entre toutes ces guillotines rocheuses pour voir une éventuelle suite, mais bien difficile de repérer un endroit qui soit vraiment engageant pour une désob. Pourtant l’air circule bel et bien.
On se croise avec l’équipe topo entre les deux puits du bas.
La remontée se fait sans histoire pour tout le monde. Le temps pluvieux et neigeux de ces derniers jours n’a pas eu d’effet significatif dans ce gouffre. légères gouttes dans le P39 mais sinon assez sec. Mais à voir avec un gros orage… Toute la fin topo sera levée, dessinée dès le lendemain par Louis, Grand Merci! L’inventeur Raphaël, aura vu “son” gouffre dans son intégralité et pu s’initier (Fred aussi) et participer à la topographie, top!
Miguel et Louis, topos ET dessins! Assistants topos: Tristan, Jules, Paul, Raphaël.