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Tsanfleuron – L’appel de l’Urgonien face à la côte meurtrie

Tsanfleuron, l’appel de l’Urgonien face à la côte meurtie

  • Date de la sortie : 6 juin 2019
  • Cavité : Grotte des Précoces
  • Participants : Julien, Vanessa, Louis, Tristan et les bonnes pensées de Stéphane
  • But de la sortie : Topographie
  • Auteur de l’article :  Tristan

Sur invitation de Julien du Spéléo-Club du Jura, je me suis joint à une descente dans la Grotte des Précoces du côté du Tsanfleuron.

D’abord bien fournis (7 personnes), les effectifs de l’expédition se reduisent petit face aux assauts des désobstructions du Jura vaudois et de la maladie bernoise. On se retrouve à 5 le samedi matin au Sanetsch où des délibérations à coup de café sur le risque d’orage finissent sur la conclusion que tout ira bien. Le regard passablement peu motivé et flegmatique de Stéphane finit par trouver une porte de sortie acceptable quand l’absence de ses bottes est révélée. Alors qu’il part pour rejoindre la plaine en nous laissant une partie de son matériel d’escalade du jour précédent et ses déchets, un nouveau terme apparaît. Attention, définition :

Stéphane : Nom féminin qui désigne le fait de se défiler d’une activité presque engagée lorsque l’on sent l’effort et le froid s’annoncer. Désigne plus généralement le fait de faire faux-bond sur le tard. “Il nous a fait un stéphane” [Julien, 2019].

 

Bref, l’équipe de quatre qu’il reste prend le départ en direction des Précoces. Quelques détours par des trous aperçus sur le lapiaz plus tard, on arrive à l’entrée, placée dans une sorte de petit vallon de caillasses et rochers ponctués de tâches de neige.

Louis et Julien partent en premier pour essayer d’ouvrir la deuxième entrée par dessous, dans l’espoir de permettre une sortie plus rapide. Alors qu’aucune percée dans la zone enneigée au-dessus de cette deuxième entrée ne semble se profiler, Vanessa et moi finissons par nous réfugier dans la cavité alors que le temps commence à se détériorer.

Enfin sous terre, je me lance tout heureux dans la zone d’entrée qui est bien large mais pas bien haute, car des centaines de mètres de topographie nous attendent là au fond et, qui sait, peut-être un accès au collecteur. Histoire de me faire comprendre que la motivation est un élément nécessaire mais pas suffisant, une étroiture aussi sévère que ponctuelle suffit à me coincer. Et oui, il ne fallait pas garder le matériel vertical ! 10 mn plus tard, après avoir intégré la forme du croll dans mon bassin pour réussir à passer, l’avancée reprend enfin.

On rejoint Louis et Julien un peu après un bain de boue (qui sait qui dit qu’il va acheter une combi PVC depuis 6 mois ?). On ne tarde pas trop car ils commencent à avoir froid.  Une petite “semi-chute” sur quelques mètres m’ajoute un joli bleu au bras gauche, et commence à augurer de la suite de la cavité, où l’on oublie le ramping boueux de l’entrée pour des volumes assez généreux avec de multiples départs. Cela se confirme dans les puits qui font oublier l’intimité de la zone d’entrée avec plusieurs dizaines de mètres de profondeurs et pour la seconde partie une dimension horizontale du même ordre de grandeur.

Sans descendre au fond du second puits, on se décale sur une ouverture latérale qui nous mène, après une petite vire au-dessus d’un petit puits et une petite longueur à ramper, dans une longue galerie remontante plus ou moins ovale et surcreusée par endroit.

Commençant à avoir de plus en plus de peine à me déplacer sans me faire mal à la moitié droite de ma poitrine sur laquelle je suis resté appuyé lors du coinçage de l’entrée, je commence à sérieusement douter de la suite des opérations. Renonçant à la topo qui m’attendait, j’accepte mon statut de bras cassés et décide de remonter à la surface. Accompagné par Louis à qui je laisserai le kit sans même culpabiliser je commence la remontée. Ma décision me convainc assez vite dans les puits, où la remontée n’est pas toute facile et encore plus dans la zone d’entrée. La traversée de celle-ci sera ponctuée de mes “AAAHH” lorsque je m’appuie un peu trop sur le torse, et des “AAAHH” de Louis qui se bat contre le kit, alourdi par le matériel vertical, plus son poids en boue.

On arrive finalement à l’extérieur, agréablement surpris pas un le beau temps et un ciel magnifique qui passera du jaune au violet pendant que nous nous préparons à partir.

On retrouvera Vanessa et Julien vers minuit au col pour un fondue dans l’abri bus. Après un déluge pendant la nuit, nous nous réveillerons sur un beau temps un petit frais, sur lequel on quittera le col du Sanetsch en direction de Lausanne. Les visées de Vanessa et Julien seront ajoutées chez Louis à la topo actuel des Précoces.

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