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Tourisme exploratoire au Sieben-Hengste

Tourisme exploratoire au Sieben-Hengste

  • Date de la sortie : 17.8.19
  • Cavité : Bin… euh les Sieben…
  • Participants : Alex, Florian, Mary-Claude, Philip, Sara, Tristan
  • But de la sortie : Exploration
  • Auteur de l’article :  Tristan

Étant pour quelques temps en Suisse alémanique, je me suis senti obligé d’aller au moins une fois jeter un coup d’oeil du côté des Sieben-Hengste (même si le temps de trajet Zurich-Sieben est identique à Lausanne-Sieben, mais bon c’est psychologique). Après discussion avec Florian qui fait de la publicité discrète pour le camp d’été depuis des années, c’est agendé, je vais aller visiter un petit bout de ce magnifique massif.

Montée le vendredi en journée depuis Inneriz Säge après une balade en car dans un paysage de carte postale. La marche d’approche me demandera 1h30 (et deux hypoglycémies) dans un paysage toujours plus beau jusqu’à la cabane (Sluchhole). J’y suis accueilli par Mary-Claude, juste avant le retour d’Alex, Florian, Philip et Sara qui étaient sous terre.

On partage le repas du soir dans la petite salle à manger (sur) chauffée où je peux faire connaissance avec les Hof dont je ne connaissais que Florian, et les deux visiteurs, Sara et Philip qui viennent de Virginie et passent quelques mois en Suisse.

Le lendemain, après un réveil un peu perdu (oukjesui? keskejfoula?), un peu de sciage de bois et la préparation du matériel, vient enfin le départ tardif vers l’objectif de la journée, dont j’ai évidemment oublié le nom… Mary-Claude reste à la cabane pour l’intendance et accueillir Marc qui devrait monter dans la journée. Après une petite marche d’une vingtaine de minutes, il est environ 10h30 et nous arrivons vers le trou. Après ce qui me semble être une petite éternité (3h, c’est pas suffisant pour me réveiller manifestement), on est prêt devant un P10 de belles dimensions

En bas, on atterrit sur un tas de neige. La suite est faîte de beau volume avec des départs multiples. Pendant que Florian, Philip et Sara se dirige vers une salle où de l’escalade les attend, Alex et moi les suivons en faisant la topo.

La début de la galerie est constituée par des parois au bas en calcaire sur lequel est posé une couche de petits cailloux cimenté qui fait aussi office de plafond fragile.

On avance dans une galerie plutôt confortable et sèche, dont le courant glacial est des plus impressionnants, et motivants ! La topo avance gentiment après un arrêt midi et récupérage de pull dehors pour le confort. Le plafond offre alors de beau spectacle avec des formations de gypse qui contraste avec la roche. La stratégie de compenser la qualité par la quantité (smartphone oblige) a quand même offert quelques jolies images :

Après le passage de la zone de désobstruction (quelques mètres désobstrués en environ 5h de travail il y a quelques années d’après Alex), une petite longueur qui s’allonge verticalement avant de revenir sur le modèle du tube et un coude à 90 °, on arrive sur ce qui était auparavant la fin de la galerie. Le courant d’air toujours aussi puissant se frayait un passage dans des débris de plancher stalagmitique, qui ont depuis été déplacés. Cela donne sur un petit passage vertical bien étroit qui n’accepte pas que l’on garde son casque, suivi par une étroiture qui elle n’acceptera pas mon pull et me forcera à abandonner mon habillement de luxe.

Ce qui suit est de toutes beautés, avec le retour des formations de gypse et quelques stalagtites. Les visées se font longues, dépassant souvent les 4 m. On entend plus loin l’équipe de devant dans la salle qui constitue l’objectif principal de notre topo.

La topo se poursuit gentiment, et je profite de son expérience pour prendre quelques renseignements utiles pour reconstituer une base matériel topo digne de ce nom au SCVJ. La galerie commence petit à petit à se surcreuser pour même devenir méandreuse, alors que l’on commence à entendre les voix de l’équipe de devant.

On arrive dans cette fameuse salle. C’est un superbe puits de 22 m de haut (dixit Disto). Alex va se glisser dans un tout petit conduit pendant que je rôde dans les galeries autour avec Philip, avant de retomber sur Alex, dont le conduit rejoint notre position à travers une petite fenêtre impénétrable. Florian et Sara tente pendant ce temps d’aller rejoindre un départ potentiel en escalade. Après qu’Alex soit ressorti de son trou (et avec la topo, attention !), c’est celle de la salle qui est levée.

Alors qu’il est déjà trop tard pour arriver à l’heure au souper que Mary-Claude nous prépare, Alex et moi repartons en premier, alors que l’équipe postérieurement de devant mais maintenant de derrière fini la topographie d’une galerie supplémentaire.

L’élargissement de la fameuse étroiture la transformée en simple passage serré, mais heureusement, la chute de sable sur la tête qu’implique les mouvements d’Alex au-dessus est là pour compenser. Pour ne pas trop souffrir de mon désir impossible de revanche, j’ai donc fait de même sur ce pauvre Philip à qui j’ai quand même pris la peine de conseiller : “Don’t speak and close your eyes”. À quoi il répondit : “That’s what she said ! No… wait…”, avant d’être enterré sous la poussière.

La sortie est alors rapide et on rentre dans la nuit qui tombe à la cabane.

On est accueilli par un souper chaud et l’on passera la soirée à échanger sur les cavités américaines pas encore découvertes car les routes sont trop loin, une hypothétique future convergence des langues occidentales, ou encore… l’horaire du bus le lendemain.

Le retour se fera tranquillement le lendemain sous un soleil de plomb, mais avec la tête remplie des souvenirs souterrain de la veille, de la centaine de mètre de topographie qui en a résulté et la certitude que j’emprunterai de nouveau ce chemin à la montée pour participer à l’exploration de ces fameux réseaux du Hoghant et des Sieben-Hengste.

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