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Un samedi joyeux à la Borne aux Cassots (France)
  • Date de la sortie :  11.10.2019
  • Cavité : Borne aux Cassots (Jura, France)
  • Participants : Jules, Léonard, Miguel, Jacques
  • But de la sortie : Initiation pour des étudiants en Géosciences (AEGE)
  • Auteur de l’article :  Jules

Le 17 février 2019, le lendemain de l’AG 2018, un détachement spécial du club franchissait la frontière et se rendait dans le Haut-Jura pour visiter la Borne aux Cassots, plus grand réseau du département du Jura. Toutes et tous en revinrent émerveillé par la beauté et la taille démesurée des galeries, et avec une forte envie d’y retourner.

L’occasion se présenta quelques semaines plus tard, lorsque proposition fut faite à Pangea, l’association des étudiants et alumni de l’UNIL, d’emmener un groupe à l’occasion des 20 ans de l’association. Cette sortie n’eut finalement pas lieu, mais l’idée resta, et fut récupérée par l’AEGE, l’Association des Étudiants en Géosciences et Environnement, toujours à l’UNIL. Rendez-vous était pris pour la rentrée universitaire 2019.

La sortie fut d’abord agendée à la mi-septembre, mais dut être repoussée au samedi 11 octobre. Une sortie aux Cassots en octobre, il allait falloir prier les dieux de l’été indien pour leur clémence, afin d’éviter de se retrouver face à une zone d’entrée ennoyée…

Le jour-J, l’auteur de ces lignes, Léonard et Simon, notre invité-accompagnateur de dernière minute, retrouvent les 18 initiés du jour devant le bâtiment Géopolis à 7h30 tapantes. Le temps de charger les bus et attendre les retardataires, et tout ce beau monde est sur la route à 8h. Les trois véhicules taillent chacun leur route, rendez-vous est donné à 10h au parking de la grotte. Jacques et Miguel nous y rejoignent depuis Cossonay. La chance est avec nous, l’été fait un rapide retour en force et il fait grand beau. But de l’escapade du jour : visiter la grotte jusqu’à la fin des Grands Éboulis, au niveau du confluent des Réseaux Alain et Pouri. Là, la rivière se jette dans un puits qu’il faut contourner par une vire; pas question de franchir celle-ci sans équipement.

Arrivés sur place, on enchaine tranquillement casse-croûte, préparation, briefing et exposé contextuel et géologique de Jules et Miguel (l’un des deux avait mieux fait ses devoirs que l’autre, saurez-vous deviner lequel?). Puis l’on sépare les étudiants en deux groupes : à 11 heures, un premier groupe part en avant avec Léonard et Simon, tandis que l’autre attendra encore un moment dehors, histoire d’éviter les bouchons dans les “étroitures” du début. Les deux groupes se rejoindront ensuite dans les grandes galeries pour continuer la visite ensemble.

Conséquence de l’été sec, il n’y a que 20 cm d’eau dans le passage aquatique peu après l’entrée. Au prix de quelques acrobaties, tout le monde arrive à passer sans se mouiller les pieds! La progression du second groupe se poursuit aisément jusqu’au Métro, là où la grotte change de dimensions, agrémentée d’explications (bio)spéléologiques de Miguel, Jacques et Jules. Pas de signe du premier groupe à qui on avait demandé de nous attendre, bizarre…

La marche continue jusqu’à arriver à la Grande Rivière, où l’on rejoint l’actif. L’émerveillement est palpable chez les participants, même chez l’auteur de ces lignes qui connait pourtant déjà l’endroit. La progression dans la rivière est ludique, mais les pieds qui avaient jusque-là été épargnés ne resteront pas secs longtemps. Miguel capture un beau spécimen de niphargus (pas loin de 3 cm!, taille malgré tout assez normale pour cette espèce, particulièrement grande pour le genre) et fait profiter les étudiants de ses connaissances des chauves-souris.

La partie aquatique terminée, on quitte l’actif pour débuter la traversée des Grand Éboulis, qui portent décidément bien leur nom. Toujours pas de trace du premier groupe. Décidément, il aurait fallu garder Léonard en laisse… Rapidement, une sorte de tunnel se profile sur le flanc gauche de la galerie. Est-ce un raccourci? Ou un diverticule? Dans le doute, on continue par la grande galerie éboulée. La progression est plus pénible que dans la rivière, mais pas de quoi freiner les ardeurs de nos apprentis spéléos.

Arrivés aux deux tiers des Grands Éboulis, une pause s’impose pour refaire le plein d’énergie. Certains en profitent pour enlever une ou deux couches ; c’est qu’il fait étonnement bon et sec dans cette grotte. Comme le premier groupe est parti avec la majeure partie des rations, un partage chrétien de ce qui est à notre disposition permet à chacun de manger plus ou moins à sa faim. Pour Jacques et Miguel qui sont pressés par le temps car devant retourner sur Suisse en fin d’après-midi, la visite se termine ici. Après que Miguel a tiré le portrait de notre groupe, les deux s’en retournent vers la sortie et en profitent pour réaliser quelques clichés dans les grandes galeries. Quant à moi, je prends seul les rênes du groupe pour les derniers hectomètres de visite.

Cinq minutes après s’être remis en marche, juste avant de retrouver le collecteur, nous voilà nez à nez avec le premier groupe qui a commencé le chemin du retour! Salutations cordiales et réorganisation des groupes : ceux qui le veulent partent avec Léonard et Simon voir la rivière et le puits, les autres repartent en direction de la sortie. Le chemin du retour sera parcouru bien plus vite que l’aller. Plusieurs raisons à cela : l’appel de la bière fraiche à la sortie, le court-circuitage des Grands Éboulis par le fameux tunnel (c’était bien un raccourci) et une certaine nonchalance quant à la question des chaussures trempées (foutus pour foutus…).

Au final, tout ce beau monde ressort vers 16h, non sans avoir éprouvé quelques difficultés pour ouvrir le cadenas de sortie (ahem…). Ne manque à l’appel qu’un petit groupe accompagné de Simon et Léo, partis explorer on-ne-sait-quoi. Tant pis pour eux, nous on attaque l’apéro ! Ils ne feront leur apparition que 40 minutes plus tard, complètement trempés après être allés se mouiller dans la rivière et avoir visité une petite section du Nouveau Réseau. Accompagnants et étudiants, tout le monde est ravi de la sortie ; ça valait bien les deux heures de route de ce matin !

Les bières s’enchainent et le temps passe, tout ça sous un soleil un poil timide mais qui réchauffe juste comme il faut le porche d’entrée de la grotte. Ensuite, départ – un peu précipité – pour faire les courses et tout le monde se retrouve dans un charmant camping perdu au milieu de nulle part pour finir la soirée comme il se doit : grillades, bières, discussions, bières… Puis sonne l’heure – tardive – du retour pour les trois accompagnants. Retour qui nous parait interminable, heureusement que Simon est un roc et ne flanche pas : merci à lui!

En résumé, une sortie et une soirée mémorables, qui laisseront quelques traces dans l’organisme. Car oui, le réveil fut difficile le lendemain matin… Heureusement que le transport de piscine souterrain aide à cuver son vin.

En deux mots, à refaire !

Merci à Miguel et Jacques pour les photos.

La topo (incomplète) de la Borne aux Cassots, avec le terminus du jour figuré en rouge.
L’impressionnant porche d’entrée de la grotte
C’est grand!!
Quelques rencontres auront ponctués notre visite : ici un Murin à oreilles échancrées
Petite séance de photo de groupe avant que Jaques et Miguel ne ressortent
Un Niphargus virei (pas loin de 3 cm!) capturé par Miguel pour analyse génétique à Lyon

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